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Covid19 en PACA : La Marseillaise revisitée

Covid19 en PACA : Chronique d’une histoire marseillaise ou la Marseillaise revisitée




Au cours de nos études de médecine, on nous apprend que pour développer une maladie virale il faut deux éléments : une charge virale importante et un terrain fragile. Appliquons maintenant ce principe au Covid19. Au départ deux mondes opposés ont contracté le Covid 19 . Deux mondes, on pourrait même dire deux univers. D’abord la classe politique.

En effet celle-ci va, avant les élections, brasser de nombreuses mains et c’est d’ailleurs la règle avant une échéance électorale. Bref le premier facteur entre en ligne de compte, la charge virale, on la déduit dans ce contexte par essence comme bien évidemment énorme. Chaque poignée de main multipliant d’ailleurs ce risque et donc la charge virale . Le deuxième facteur étant un terrain fragile ou une baisse de l’immunité. On peut comprendre aisément qu’en période électorale le stress va déclencher au niveau des organismes, du cortisol qui va baisser l’immunité de nos futurs postulants.Stress en préparant la campagne, pendant celle ci et le jour de l’élection, voir après ... Encore faut il ajouter à cela, que l’âge de certains va renforcer cette baisse de l’immunité ou encore la présence de comorbidites, va potentialiser ce phénomène. Ainsi on ne doit pas être surpris si la classe politique a été fortement impactée durant cette période par le Covid 19 . Mais faisons aussi une parenthèse. Cette classe politique a eu la chance de rencontrer le Pr Raoult et son équipe car elle a reçu d’emblée le fameux Plaquenil. Nous sommes juste avant les élections et le Plaquenil’ n’a pas encore fait de polémique, elle a tout simplement soigné des individus . Maintenant passons à un autre groupe de la population bien différent sous tous les points et aussi fortement impacté par le Covid . Il s’agit de personnes vulnérables vivant dans les quartiers Nord de Marseille. Il est utile de préciser que dans ces quartiers la densité de la population est extrême dans une famille (quelquefois entre 10 et 20 personnes cohabitent dans des petits appartements). On comprend facilement que lorsqu’une personne est touchée, c’est dans un premier temps la famille et avec le voisin de palier. Cela entraînera dans un second temps en cascade un véritable cluster dans ces cités puis dans la ville . Ainsi un de nos collègues d’origine comorienne travaillant en tant que réanimateur a d’emblée prévenu en émettant un « cri d’alarme ». Près de trois quarts des personnes hospitalisées au début de l’épidémie étaient des Commoriens issus des quartiers Nord. Pas surprenant car ici on trouve les deux éléments de base. La charge virale très élevée par la promiscuité de ces habitants et là encore le stress, la paupérisation, les co morbidités sont excessivement élevés dans ces « zones à risques ». On a d’ailleurs retrouvé dans la région Parisienne, en Seine Saint Denis, le même phénomène. Ici il n’y a pas eu du Plaquenil mais les urgences et le SAMU ..... Comme nous sommes clairvoyants pas besoin d’études en double aveugle pour comprendre le phénomène à ce stade. Mais forcément avançons dans l’histoire.

Nous sommes au début, mais en pleine épidémie en fait, car tout médecin l’apprend dans ses études. C’est au début que tout se « joue ».

Or justement au tout début de cette guerre on nous explique : (je ne cherche en aucun cas à ouvrir là la moindre polémique mais simplement à être factuel ,d’ailleurs j’utiliserai la métaphore et la parabole dans les suites de mon raisonnement pour ne froisser personne, mais poursuivons )...

- que le masque ne sert à rien - que tester n’a pas d’utilité pour la collectivité - qu’il n’y a pas de traitement. Sans être historien, cela me ramène à deux pages de l’histoire et puisqu’on est « en guerre » à ce stade de l’épidémie allons y .....

« La fleur au fusil »: cette expression naît de la première guerre mondiale où on a envoyé le peuple à l’aventure confiant mais insouciant de la réalité de ceux qu’ils allaient affronter.... « La drôle de guerre » période ou la France a déclaré la guerre à l’Allemagne Nazie en septembre 39 et a attendu jusqu’en mai 40 pour déclencher les hostilités. Face à cette insouciance et cette attentisme, des résistants ont tenté une insurrection et compte tenu que cette opération s’est déroulée dans une zone endémique, je les nomme dans ce contexte les Maquisards.. Ici je devrais invoquer le chant des partisans mais je préfère plutôt (dans un style Proustien) la marseillaise retrouvée. En plein cœur de Marseille un chapiteau plutôt qu’un camp est dressé comme en temps de guerre. Mais ici on s’oppose à ce qu’ils nomment la doctrine .. -d’abord toute les personnes qui arrivent reçoivent un masque -ensuite on teste tout le monde -enfin en cas de positivité on traite .... Exactement le contraire de la « fameuse doctrine ».... Mais n’oublions, pas nous sommes en guerre alors le tribunal militaire qui s’appelle le comité de salut public passe à l’attaque. Tout ceux qui appliqueront le « traitement marseillais » seront destitués (Sauf si le soldat est en bout de course et qu’un comité aura validé cela). A cela s’oppose la plupart des médecins qui se disent relever du Serment Marseillais d’Hypocrate et non d’hypocrisie )... Alors on provoque une trêve . On fait pourtant venir en pleine guerre civile, le «chef des armées » en camp ennemi pour discuter avec le responsable Marseillais de son protocole et calmer le grondement populaire ... On fait des pseudo études sur son protocole mais qui, on le sait déjà, en dénaturant ce même protocole, n’aboutiront jamais .... Tout rapprochement avec des personnages existant ne serait que fortuit....(Alors fermons cette parenthèse) Qu’en est-il à l’aube du 10 mai 2020, date maintenant présupposée historique serait- ce « La Libération »? Non pas encore .... On « déconfine » selon une improbable nouvelle ligne Maginot qui bouge au gré du temps et de ses détracteurs . Comme la France a vu Rouge on désigne les mauvais élèves par cette couleur. Ceux qui comme au feu rouge ne savent pas ce qu’ils doivent faire par la couleur orange. Enfin les autres, étrangement sont désormais désignés sous le vocable des petits hommes verts... Voilà une page va se tourner j’ai envie de chanter la Marseillaise mais soyons prudent. Le 10 Mai 2020 je chanterai plutôt : Il est cinq heures Marseille s’éveille Il est cinq heures je n’ai plus sommeil ... mais à voix basse, j’ai peur que certains m’accusent déjà de « Nouvelle Vague »......


Docteur Alchech Marcel

Psychiatre, Vice Président des Médecins de l'Hospitalisation privée.

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